Edito
La Danse : art noble qui défie la gravité et la dignité Ah, la danse !
Cet étrange rituel où l’humanité décide, le temps d’un morceau, d’oublier que ses membres ont été conçus pour marcher et non pour s’entrelacer dans des positions défiant la logique biomécanique.
Tout commence par un air de musique. Certains se laissent emporter par le rythme avec la grâce d’un cygne, d’autres avec la précision d’un poulpe en pleine crise existentielle. Peu importe, l’essentiel est de bouger.
Sur une piste de danse, chacun incarne une créature différente : il y a le discret qui se balance d’un pied sur l’autre, tel un métronome fatigué, le passionné qui mime un combat invisible contre des esprits qu’il est seul à voir, et l’audacieux qui tente une figure acrobatique avant de réaliser, trop tard, que son centre de gravité ne partage pas son enthousiasme.
Bien sûr, il y a des styles codifiés. Le tango, par exemple, cet art sensuel où il faut maintenir un regard intense tout en évitant de piétiner les orteils de son partenaire. La salsa, où chaque mouvement semble être une invitation à un duel dans un western tropical.
Et puis la danse en boîte de nuit, instant magique où chacun croit secrètement être une star du clip vidéo… jusqu’à ce que la lumière se rallume.
Mais la vraie beauté de la danse, c’est qu’elle transcende la gêne et la maladresse. Elle est le seul sport où perdre toute dignité fait partie du processus. Car après tout, il n’y a que deux types de danseurs : ceux qui assument et ceux qui n’ont pas encore bu suffisamment pour assumer.