Dans le flot d’une bouteille
Son corps s’est échoué
Les yeux flous
Embués d’une solitude vermeil
Pendant des heures
Halluciné par une vie anéantie
Il regardait se vider son verre
Ne voulant pas attendre que le printemps reverdisse
Son âme s’envola
Emportée par la vague d’une grande marée.
Assis sur un rocher je regarde la mer…
Je regarde la Mère.
Dans cette dichotomie
Rendant l'âme à demi
Au corps libre ou soumis
Par dette, par compromis,
Se déchirent des survies,
Jumeaux, frères ennemis,
Siamois plutôt qu'amis,
Aux songes ensevelis,
Par matières avilies
Commettant leurs délits
Avant le cimetière,
Avant leur mise en terre...
Deux êtres dans une chair,
L'un qui parcourt les airs,
L'autre qui marche à l'envers.
Une conscience pour l'éther
Au physique de concert;
Pensées qui désespèrent
Qu'une gangue les enserre.
Une idée crée sa guerre,
Des muscles croisent le fer.
Même semblant en prières
Des mains crispées supplient,
Mais l'âme est en repli.
Dans cette dichotomie,
L'esprit, sous chaque momie,
Présente une alchimie
Contrainte par la nuit.
Véhicule endormi
Que ce corps qui vieillit,
Un souffle recueilli
Patientant à l'abri.
Délivrée sans un bruit
Bien que longtemps punie,
Est-ce pour moins déplaire
Que l'âme fut mise aux fers ?
Deux êtres dans une chair,
Un moi qui dégénère,
L'autre moi qui éclaire,
Surtout pour qui s'enquière
De comprendre les mystères
De copropriétaires
Comme l'unique caractère
De ces curieux compères...
Est-ce mon imaginaire
Qui rêve en mode binaire
Ou est-ce juste la vie
Qui invite et ravit?
L'esprit et la matière,
L'âme faite de lumière
Et son corps malnutri
S'offrent en dichotomie.