Me dessiner tel que je suis,
C'est mettre la lumière sur ma nuit
Ou bien tricher pour donner vie
Aux plus flatteurs traits, les moins gris.
Depuis Rembrandt jusqu'aux selfies,
Des âmes qui fascinent à l'envie
Dépeignent le talent d'un génie,
Décrivent des récits reconstruits.
Parfois sincère un regard suit
Le spectateur d'une galerie
Ou d'un musée, bien à l'abri.
Sur nos réseaux d'images, de bruits,
Tout se maquille d'or et d'ennui.
Autoportraits prenant avis
De notre approbation nourrie
Quand seul l'ego mal dégrossi
Transpire des clichés étourdis.
Van gogh, Ô toi si démuni,
Prenant modèle sur ta folie,
Instants volés faits des débris
De ton miroir d'homme incompris,
Offert aussi laid que tu puis...
Dans les yeux d'un peintre maudit,
J'aperçois d'intérieurs ennemis,
Des combattants de l'empathie,
Comme un besoin d'amour, d'amis.
Me dessiner tel que je suis
Ou que je souhaiterais être pris,
Se dénuder sans compromis,
Que dire, cher Freud, d'un tel pari?